Le bioéthanol de cheminée
Le bioéthanol est de l'alcool éthylique obtenu par fermentation de sucres végétaux, puis distillation. C'est le même alcool que celui des boissons, à ceci près qu'il est déshydraté et dénaturé — rendu impropre à la consommation par l'ajout de substances amères ou toxiques, ce qui le sort de la fiscalité des alcools de bouche.
D'où il vient
En Europe, il provient principalement de la betterave sucrière, du blé et du maïs ; au Brésil, de la canne à sucre. Une part croissante est issue de résidus : mélasses, drêches de distillerie, coproduits d'amidonnerie. C'est cette part-là qui a le meilleur bilan, puisqu'elle n'occupe aucune surface agricole supplémentaire.
Le même produit alimente deux marchés très différents : les carburants, où il est incorporé à l'essence, et les usages domestiques, dont la cheminée. Le second représente une fraction infime du volume total, mais il se vend beaucoup plus cher au litre.
La qualité, et pourquoi elle compte
Un bioéthanol de cheminée titre en général 96 % ou plus. Un titre plus bas signifie davantage d'eau, une flamme instable, un rendement plus faible et un brûleur qui crépite. Les dénaturants employés changent également le comportement : certains produisent une odeur perceptible, d'autres non.
Deux indices de qualité se lisent sur l'étiquette : le degré, et la mention explicite d'un usage pour foyers décoratifs. Un alcool ménager ou un bioéthanol carburant ne sont pas prévus pour cet usage et peuvent produire des résidus et des odeurs.
Ce que la combustion produit réellement
Une combustion complète d'éthanol donne du gaz carbonique et de la vapeur d'eau. Un litre brûlé produit à peu près un litre et demi d'eau sous forme de vapeur : c'est considérable, et c'est un point que les fabricants mentionnent peu. Dans un logement déjà humide, une utilisation régulière fait monter l'hygrométrie et favorise la condensation sur les vitrages.
Les mesures réalisées sur ces appareils relèvent par ailleurs des émissions de composés organiques volatils et, quand la ventilation est insuffisante, de monoxyde de carbone. Rien de tout cela n'est éliminé par un filtre : il n'y en a pas. La seule réponse est le renouvellement d'air.
Le bilan environnemental, sans complaisance
L'argument avancé est la neutralité carbone : le carbone émis avait été capté par la plante. Le raisonnement vaut à la combustion et ne vaut plus dès qu'on compte le champ, les engrais azotés, le tracteur, la distillation — qui est énergivore — et le transport.
Reste la question de l'usage des terres. Consacrer une surface agricole à produire un combustible d'agrément n'a pas la même portée que de l'utiliser pour un carburant de transport, où l'on cherche à remplacer du pétrole. Le bioéthanol de cheminée est un produit de confort, et son bilan doit se juger comme tel.
Les alternatives
Pour l'ambiance sans combustion, la cheminée électrique à vapeur d'eau produit une flamme illusoire assez convaincante, sans consommation d'oxygène ni humidité incontrôlée — la vapeur émise est faible et maîtrisée. Elle chauffe peu ou pas, ce qui est honnête.
Pour un vrai chauffage d'appoint dans un logement sans conduit, la pompe à chaleur air-air ou un radiateur à inertie coûtent beaucoup moins cher à l'usage et ne posent aucune question de sécurité. Et si le conduit existe ou peut être créé, un poêle à granulés ou à bûches place le débat sur un tout autre terrain : celui d'un appareil de chauffage.
